ENFANTS DU BOUT DU MONDE : LEUR COMBAT POUR ALLER À L’ÉCOLE
Leur quotidien est à mille lieues de celui des petits Français. Pour ces millions d’enfants, l’école ne se trouve pas au coin de la rue ou à trois arrêts de bus. Aller en classe est une prouesse tous les jours. Si l’accès à l’éducation s’est amélioré, il y a encore de nombreux obstacles sur le chemin.
10, 20, 30 kilomètres parfois plus, c’est la distance qui sépare de nombreux enfants de leur école. À cheval, à dos d’âne, en bateau, en auto-stop ou encore à pied, ces petits écoliers réalisent un véritable périple pour rejoindre leur classe : passer par des rues mal famées, traverser des montagnes, des forêts, des lacs, parfois dans des pays en guerre, souvent au péril de leur vie. Face aux dangers que ces enfants rencontrent chaque jour sur le chemin, beaucoup de parents préfèrent les garder à la maison.
Toutes les ONG en conviennent : construire une école ne suffit pas à scolariser les enfants. Le plus difficile est de convaincre les parents que l’éducation est utile et indispensable pour construire un avenir à leur progéniture. Or, pour de nombreuses familles, envoyer un enfant à l’école, c’est d’abord se priver de bras pour travailler aux champs, s’occuper des tâches ménagères ou gagner un peu d’argent pour nourrir la famille. Et la situation est encore pire pour les filles. Enfin, même gratuite, l’école reste un luxe, car l’achat des cahiers et des uniformes est souvent à la charge des familles.
Si, depuis quinze ans, l’accès à l’éducation a largement progressé partout dans le monde, la qualité de l’enseignement, elle, ne cesse de baisser. Classes surchargées, enseignants peu nombreux et mal formés, manuels scolaires insuffisants, pédagogie inadaptée… beaucoup de pays n’ont pas les moyens de répondre à cette demande croissante d’éducation. Ainsi, selon l’Unesco, un élève en Afrique subsaharienne a tous les risques de se retrouver dans une classe surchargée. Au Tchad, les effectifs peuvent atteindre 67 élèves par classe. Au Cameroun, il y a un manuel de lecture pour 11 enfants. L’école est aussi plus difficile pour les minorités qui doivent apprendre dans une langue qu’elles ne maîtrisent pas. On estime qu’aujourd’hui près de 221 millions d’écoliers parlent une langue différente de la langue d’enseignement.
Dans ces conditions, il est compliqué de faire naître des vocations d’enseignants. La plupart d’entre eux, mal ou pas payés, quittent leur poste ou refusent d’aller enseigner dans les zones rurales trop éloignées des villes. À cela s’ajoute parfois l’insalubrité des établissements scolaires : absence d’eau potable, de toilettes, d’électricité ou encore de cantine finissent par décourager les élèves de venir.
D’après Femme Actuelle (23-29 septembre 2013)