JEUNES : LES RÉSEAUX SOCIAUX STIMULENT LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
L’étude a été dévoilée en février dernier : le nombre d’interventions de chirurgie esthétique est pour la première fois plus important sur les 18-34 ans que sur les 50-60 ans. Les millennials occupent désormais la deuxième position du classement des populations les plus attirées par les retouches esthétiques, juste derrière les 35-50 ans. À l’ère de l’exhibition numérique, les interventions esthétiques s’imposent tranquillement dans les routines de beauté, entre le coiffeur et la manucure…
Il suffit de patienter quelques instants dans la salle d’attente du principal établissement français du secteur pour le constater. En 2011, à peine 10 % des patients de cette clinique renommée avaient moins de 35 ans. Huit ans plus tard, plus de 50 % des patients ont entre 18 et 35 ans, dont 10 % ont moins de 25 ans. Des jeunes femmes très maquillées, cheveux lisses, s’observent sur leur écran en mode selfie. Elles évaluent l’ampleur des retouches à effectuer pour ressembler dans la vraie vie à leurs versions embellies offertes par les « filtres », qui effacent les imperfections, lissent la peau, agrandissent les yeux et gonflent les lèvres.
Car la plupart des jeunes patients ne viennent que pour cela : corriger des détails. L’émergence, depuis quelques années, de techniques peu invasives a popularisé la médecine esthétique – au détriment de la chirurgie. Injections, lasers, ondes magnétiques… « Nous recevons 4 000 patients par mois, dont seulement 500 qui se font opérer », explique Tracy Cohen, 33 ans, directrice de l’établissement.
L’enthousiasme des jeunes femmes pour les injections et les implants mammaires serait la conséquence de la « tyrannie des smartphones ». « Les jeunes ne se voient plus à travers un miroir, mais à travers les images publiées sur les réseaux sociaux. D’ailleurs ils arrivent en consultation téléphone à la main, et nous montrent des photos d’eux. Or les objectifs des iPhone sont minuscules et déformants. On voit apparaître des complexes qui n’existaient pas avant », dit le médecin Philippe Dupont. Selon lui, l’addiction aux réseaux sociaux serait ainsi responsable d’une hausse des rinoplasties chez les 16-25 ans (avec l’aval des parents, pour les mineurs).
Dans le même temps, les laboratoires encouragent cette frénésie de la retouche en stimulant l’offre. Leurs promesses ? Effacer les rides fines, ne plus transpirer des aisselles grâce à des injections de Botox, ou accélérer la pousse des cheveux… Un business rentable, de toute évidence.
D’après L’Express (28 août 2019)